Jeudi 10 avril 2008

Rappel :

Le sujet invite le candidat à montrer comment les termes antagonistes sont liés l’un et l’autre et posent un vrai problème.


 

Ce qu’il ne faut surtout pas faire :

1.      Il ne faut pas surtout pas affirmer dans un premier temps « oui, je suis d’accord avec… », puis dans un second temps « non, je ne suis pas d’accord avec… », et éventuellement dans un troisième temps « on peut peut-être être d’accord avec… ».

2.     Il ne faut pas céder à la tentation de donner directement son opinion sans procéder à l’analyse préalable du sujet, c'est-à-dire à comprendre dans toute son extension l’idée paradoxale qui est énoncée dans la question posée par le sujet

3.      Il ne faut pas vous contredire au cours de votre développement.

La dissertation doit refléter un travail d’approfondissement visant à découvrir le problème posé par le sujet.

Ce qu’il faut faire :

1.       Il faut certes justifier l’idée qui est suggérée par le sujet, mais aussi s’interroger sur ce qui la fonde, autant que sur les conditions qui la rendent vraie.

2.       Il faut montrer comment les termes antagonistes sont liés l’un à l’autre, de tel sorte qu’il font naître un vrai problème.

3.       Il faut mettre en évidence le fait que les termes antagonistes ne sont pars rapprochés artificiellement, mais s’impliquent mutuellement.

4.       Il faut s’interroger sur les conséquences de toute proposition.

 


Exemple : « L’homme doit-il se rendre « comme maître et possesseur de la nature ? » On pourra dans un premier temps, tenter de comprendre cette idée eu égard à la domination scientifique et technique du monde, puis remettre en cause cette domination. On pourra prendre pour point de départ la contestation actuellement de la civilisation technique, afin de s’interroger sur ce qui est légitime. Il faudra aussi se poser la question suivante : « au nom de quelle idée de la nature juge-t-on la technique ? On s’apercevra alors que l’humanisme qui justifie la critique de la technique participe du même esprit que la technique qu’il combat.

 Il faut penser en accord avec soi-même

 

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Jeudi 10 avril 2008
 

Collectif

Platon, Ménon

Analyses & Réflexions

978-2-7298-9999-8,  ARMENO

16 x 24 cm, 160 pages, 12,5 €

Parution : 1999        statut : Disponible

 

La multiplicité des approches du texte et la problématique des œuvres permet d'en apprécier la modernité, et de faire découvrir à des étudiants littéraires ou non littéraires des textes classiques qui, sans cela, seraient restés incompris voire inconnus.
Pour chacun des ouvrages de la collection : la vie de l'auteur, l'œuvre, l'époque…
De nombreuses contributions originales de spécialistes : études littéraires, explication de texte – approches philosophiques – approches psychanalytiques – anthologie critique – biographie, filmographie, entretiens, interviews, etc.

 

EDITIONS ELLIPSES

INTRODUCTION

Savoir. Mais qu’est-ce que savoir ? Peut-on savoir que l’on ignore ? Si nous sommes enchaînés dans la caverne, comment pouvons-nous nous retourner et partir à la découverte des Idées ? Certes, nous pouvons imaginer l’intervention d’un Maître qui, tel Socrate, fait tomber les chaînes de l’ignoranceÊ? Mais ce Maître, comment s’est-il fait ? Quelle a été la force qui a poussé le premier Maître à se délivrer de ses liens ? Comment pouvons-nous désirer apprendre ? Les choses peuvent en effet se diviser en deux classes : celles qu’on sait et celles qu’on ignore ; celles qu’on sait, on ne les recherche pas, puisqu’on les sait ; quant à celles qu’on ignore, on ne les cherche pas non plus, puisqu’on les ignore, et même si, par hasard, on « tombait dessus » on ne pourrait reconnaître que c’est là ce qu’on ignorait. Existe-t-il alors une sorte de savoir qui s’apparente à une ignorance qui se sait, d’une part, et un savoir qui se distingue radicalement d’une ignorance en tant qu’elle s’ignore elle-même d’autre part ? Notre savoir ne se donne-t-il pas plus souvent à interpréter sous la forme d’un croire-savoir que sous celle d’une véritable connaissance des choses, de ce qu’elles sont en tant que telles et non telles que nous pensons qu’elles sont ou telles qu’elles nous apparaissent ? Autrement dit, tout savoir ne se réduit-il pas à un nœud de définitions ? Sans doute, n’est-ce pas la polysémie du terme « vertu » qui pose problème à Platon, mais bien plutôt le fait de savoir si la vertu est une ou multiple[1].

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[1] Cf. à ce sujet le Protagoras, 329 b.

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Mercredi 9 avril 2008

« Le peu que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois » (Sacha Guitry, Toutes réflexions faites, Cinquante ans d'occupations, Omnibus, Presses de la Cité, 1993, p.82).


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Mercredi 9 avril 2008

 

Collectif

Bergson, La pensée et le mouvant

Analyses & Réflexions

978-2-7298-4841-5,  ARBERG

17,5 x 26 cm, 128 pages, 11,5 €

Parution : 1998        statut : Disponible

 

La multiplicité des approches du texte et la problématique des œuvres permet d'en apprécier la modernité, et de faire découvrir à des étudiants littéraires ou non littéraires des textes classiques qui, sans cela, seraient restés incompris voire inconnus.
Pour chacun des ouvrages de la collection : la vie de l'auteur, l'œuvre, l'époque…
De nombreuses contributions originales de spécialistes : études littéraires, explication de texte – approches philosophiques – approches psychanalytiques – anthologie critique – biographie, filmographie, entretiens, interviews, etc.

EDITIONS ELLIPSES


INTRODUCTION

            « O temps suspends ton vol ! C’est le voeu du poète, nous dit Alain, mais qui se détruit par la contradiction, si l’on demande « combien de temps le temps va-t-il suspendre son vol »[1] . Ce qui se comprend d’autant mieux que l’on sait que « le temps est [non seulement] ce qui se fait, [mais aussi] ce qui fait que tout se fait »[2]. En conséquence de quoi ce que nous appelons le présent se définirait sans doute moins comme une ligne de démarcation abstraite que comme un fragment de la durée comprenant tout autant le passé proche que l’avenir immédiat. En ce sens d’ailleurs, il semble nécessaire de s’interroger sur la manière dont il nous faut entendre, concevoir et appréhender ce temps bergsonien dont passé, présent et avenir semblent indissociables d’un temps duratif, pour ne pas dire d’une durée qui dure.

Le présent en tant qu’ « épaisseur de la durée »

            En effet, non seulement nous savons que « la durée toute pure est la forme que prend la succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s’abstient d’établir une séparation entre l’état présent et les états antérieurs »[3], mais aussi que « l’avenir est là, [qu’] il nous appelle, ou plutôt [qu’] il nous tire à lui »[4] ; est-ce à dire alors que la présent en tant que tel n’existe pas ? Faut-il comprendre  en cela que le présent n’est rien ? Difficilement appréhendable dans le hic et nunc, puisque toujours déjà dépassé, le présent semble s’évanouir dans un passé sans cesse recomposé et vécu comme projection du changement. En ce sens, le présent n’est, et ne peut être perçu que comme passage d’un état à un autre, passage d’un présent dépassé vers un avenir non encore réalisé, mais pressenti, en quelque sorte potentiel, voire virtuel, dans tous les cas « en puissance ». Et notre auteur d’ajouter que « cette traction ininterrompue qui nous fait avancer sur la route du temps, est cause aussi que nous agissons continuellement »[5] . En conséquence de quoi, ce ne serait peut-être pas le présent en soi qui nous ferait agir, mais bien une force autre ; laquelle  en nous faisant sortir du hic et nunc nous transporterait alors dans un futur réalisé, ou pour le dire autrement « en acte ». Mais si effectivement  « toute action est un empiétement sur l’avenir » [6], alors force est de se demander ce que devient le présent ; présent au sujet duquel Bergson reprochait d’une part aux scientifiques de ne l’appréhender que sous forme de médiations spatiales et à Kant de le mettre au même niveau que l’espace. Et nous en tenons pour preuve que « Quand la science positive parle du temps, c’est qu’elle se rapporte au mouvement d’un certain mobile T sur sa trajectoire. Ce mouvement a été choisi par elle comme représentatif du temps, et il est uniforme par définition. Appelons T1, T2, T3, ... etc., des points qui divisent la trajectoire du mobile en parties égales depuis son origine T0. On dira qu’il s’est écoulé 1,2,3,... unités de temps quand le mobile sera aux points T1, T2, T3,... de la ligne qu’il parcourt. Alors, considérer l’état de l’univers au bout d’un certain temps t, c’est examiner où il en sera quand le mobile T sera au point t de sa trajectoire. Mais le flux même du temps, à plus forte raison de son effet sur la conscience, il n’est pas question ici ; car ce qui entre en ligne de compte, ce sont des points T1, T2, T3, ... pris sur le flux, jamais le flux lui-même. On peut rétrécir autant qu’on voudra le temps considéré, c’est-à-dire décomposer à volonté l’intervalle entre deux divisions Tn, et Tn+1, c’est toujours à des points et à des points seulement, qu’on aura affaire »[7] . Or dans la perspective bergsonienne ce qui importe avant tout, ce n’est pas la succession d’instants, fussent-ils juxtaposés le plus près possible les uns des autres mais bien le flux scientifique du temps, c’est-à-dire la durée[8] ; durée qu’il cherche « à analyser, c’est-à-dire à la résoudre en concepts tout faits, je suis bien obligé, par la nature même du concept et de l’analyse, de prendre sur la durée en général deux vues opposées avec lesquelles je prétendrai ensuite la recomposer. Cette combinaison ne pourra présenter ni une diversité de degrés ni une variété de formes : elle est ou elle n’est pas. Je dirai par exemple, qu’il y a une multiplicité d’états de conscience successifs et d’autre part, une unité qui les relie. La durée sera la synthèse de cette unité et de cette multiplicité, opération mystérieuse dont on ne voit pas, je le répète, comment elle comporterait des nuances et des degrés » [9]. Ce qui ne signifie nullement que le concept de durée est un tout totalement et absolument dépourvu de nuances, mais plutôt qu’il fait appel à « une fine succession du « quel » et du « combien » comme se plaît à le dire G. Deleuze. Ainsi le devenir se donne à interpréter comme l’opposé de la durée ; et cela dans la mesure où cette dernière se définit avant tout comme multiplicité ne se laissant subsumer ni dans l’Un ni dans le Multiple.

Lire la suite de l'article publié sur le site de philosophie de l'académie de VersaillesAcadémie de Versailles

 

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[1] Alain, Elément de philosophie, Gallimard, 1941, Livre I, chap. XVII, note p. 80.

[2] H. Bergson, La pensée et le mouvant, P.U.F., Paris, 4éme Ed., 1984, « Introduction », « Première partie ».

[3]H. Bergson, Essais sur les données immédiates de la conscience, P.U.F., Paris, 4éme Ed., 1984, Chap. II, « De la multiplicité des états de conscience », « la durée réelle », p. 83.

[4] H. Bergson, L’Energie spirituelle, P.U.F., Paris, 4éme Ed., 1984, « La conscience et la Vie : conscience, mémoire, anticipation », p. 816.

[5] H. Bergson, Idem.,

[6] H. Bergson, Ibid.,

[7] H. Bergson, L’évolution créatrice,  Chap. IV, « Le temps dans la science positive », P.U.F., Paris, 4éme Ed., 1984, p. 780.

[8] Bergson l’oppose justement au temps mathématisé et spatialisé, et la définit le plus précisément possible en la résolvant sous forme de concept.

[9] H. Bergson, La pensée et le Mouvant, P.U.F., Paris, 4éme Ed., 1984, « Introduction à la métaphysique, « Durée et symbole », p. 1416.

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Mercredi 9 avril 2008

Comment comprendre le sujet ?

  • "Penser" et avoir des opinions" sont deux expressions qui concernent le domaine de la connaissance, qui nous renvoie à un jugement de connaissance, aussi les assimile-t-on souvent comme en témoigne le langage courant.

  • Le présupposé à cette question est effectivement que pour bon nombre de personnes, elles sont superposables. Il s'agit par conséquent de savoir si le fait d'avoir des opinions compte tenu de la passivité qu'implique le terme "avoir" et de la nature même de l'opinion qui est une sorte de pseudo-connaissance, est identique au mécanisme de l'acte de penser qui exprime toute la dynamique de l'esprit structurante la connaissance.


Les sujets de type : " paradoxal  »

  • Le sujet invite le candidat à montrer comment les termes antagonistes sont liés l’un et l’autre et posent un vrai problème.

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Mardi 8 avril 2008
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Mardi 8 avril 2008

              « Ce n’est pas user de termes propres que de dire : « il y a trois temps : le passé, le présent et l’avenir ». Peut-être dirait-on plus justement : « il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent, le présent du futur », car ces trois sortes de temps existent dans notre esprit et je ne les vois pas ailleurs »[1] .

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[1] St Augustin, Confessions, Livre XI, ch. XX.


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Lundi 7 avril 2008
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